samedi 4 juillet 2009

VILLE MA VILLE


Ici il faut passer plusieurs dizaines de fois dans une rue avant qu’elle ne montre au dépourvu son vrai visage l’espace d’un regard un peu plus en biais. Ici les fenêtres abaissent vraiment leurs paupières la nuit, et l’on rêve à ce que peuvent dissimuler les cils des stores que troublent à peine les ébats des pigeons. […] Ici les maisons sont irrémédiablement en face, muettes et d’autant plus lourdes, non pas transparentes ni même translucides mais comme des miroirs faussés disposés au détour des rues, qui nous renvoient des images inconnues de nous-mêmes.
1988

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