"Je vais mal, je te le montre, je te demande implicitment de m'aider tout en te démontrant que tu en es incapable. Ainsi, à la peine que tu éprouves à me voir souffrir, vient se surajouter le sentiment d'impuissance que je t'inflige. Et moi, de ma souffrance affichée, je retire du moins le plaisir sadique de te faire souffrir à ton tour en te démontrant ton impuissance."
Cette stratégie perverse (qui se joue à deux : encore faut-il que l'interlocuteur donne dans le panneau et veuille bien jouer les sauveteurs malheureux) est un grand classique. Elle porte certainement un nom en analyse transactionnelle. Je suis tout à fait capable de jouer ce jeu de la victime devenue bourreau, jusqu'à un certain point, mais je note surtout que plusieurs proches sont passés maîtres dans l'art de cette manipulation, si bien que je me retrouve fréquemment jouer les saint-bernards déconfits. L'autre a beau jeu ensuite de se retourner et de me faire comprendre, triomphant, que de toute manière, mon aide proférée et sans doute maladroite, il s'en contrefout. Résultat : je me sens doublement nul — soit j'ai essayé d'agir en vain, soit je m'abstiens et j'ai honte de mon inaction.
Comme disait un ami : "Jésus Christ, c'est fini".

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