A Tbilisi, c'est le jeûne de carême. Je parle à une collègue géorgienne d'un ami russe orthodoxe qui jeûne tous les ans, et qui fait également un régime à l'occasion. La collègue s'esclaffe : jeûner ou mincir, il faut choisir. Pendant le Carême, l'alimentation est déséquilibrée, on mange trop de glucides lents et on grignote toute la journée — chaque fois, elle prend quelques kilos. Guère mieux en somme que le Ramadan, où on passe souvent les soirées à s'empiffrer de loukoums ou de cornes de gazelle.
Elle me demande ma confession (lapsed Catholic, lui réponds-je). Question qu'on aurait la pudeur de poser dans notre France laïcarde mais qui surgit spontanément dans les conversations dès qu'on passe à l'est de Trieste.
Par association, et histoire de racheter ma mécréance, je lui parle d'un parent par alliance d'origine arménienne, converti au protestantisme mais revenu à l'orthodoxie sur son lit de mort. Ma collègue me corrige : les Arméniens ne sont pas orthodoxes, ils sont grégoriens ! Distinguo subtil pour le béotien que je suis. Narcissisme des petites différences, identités meurtrières.
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