dimanche 3 février 2013

SUJETS DIVERS D'AGACEMENT (STRASBOURG MON AMOUR)


— la méga manif, super organisée, financée et sonorisée, des anti-mariage pour tous place Kléber, en marge de laquelle traînaient des bandes de tondus au regard torve encadrés par la police. J'en ai ma claque d'habiter dans une région de réactionnaires autosatisfaits. Une jeune femme manifestement pour, qui faisait ses courses les bras plein de sacs de soldes, démarchée par un anti, a carrément pété un câble en pleine rue : "Mais putain foutez-nous la paix et laissez-nous vivre, nom de Dieu ! Vous n'avez pas autre chose à foutre que de pourrir la vie des gens ?" J'avais envie de la prendre dans mes bras et de lui faire des bisous. Pendant ce temps, ces ennemis de la famille qui s'en croient les défenseurs jouaient les pompom girls, agitant dans une chorégraphie digne de Busby Berkeleyo ou des Village People leurs drapeaux roses (à quelle récupération ne seraient-ils pas prêts pour éviter de se faire taxer d'homophobie ?) où figuraient un papa, une maman et deux enfants — car chacun sait qu'un enfant qui n'a pas un papa, une maman et un frère ou une sœur est promis à la psychopathie, et qu'inversement le fait d'avoir tout ces garde-fou est le plus sûr des remparts contre toute folie, souffrance ou simplement déviance. La preuve : les parents hétérosexuels ne produisent jamais d'enfants homosexuels. CQFD.

— juste à côté de ladite manif, la séance du Forum européen de bioéthique consacrée à la prostitution, qui a donné lieu à une série de propos convenus, pontifiants, paternalistes, moralisateurs et misérabilistes. On aurait dit des mères patronnesses, pour ne pas dire des grenouilles de bénitiers, débitant un tissu de conneries et de contre-vérités. J'étais à côté de deux inconnues (intellos ? prostituées? intellos prostituées ?) aussi outrées que moi par la teneur et le ton des débats. Je suis parti bien avant la fin. Le reste du public, über alsssâââcien et fort massé dans une salle pourtant vaste, écoutait sans moufter tout en digérant ses carottes râpées et en cuvant son picon-bière, et en rêvassant aux spaetzle qu'il allait ingurgiter ce soir. La spiritualité est partout.

— le dîner en tête-à-tête avec un collègue que je trouve bien mignon depuis des années mais qui est 100% hétéro.

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