C'était un extraordinaire big band anglo-jamaïquain créé au milieu des années 80 dont j'ai entendu le tout premier concert à Brixton, au Fridge, il y a déjà un quart de siècle, du temps où j'étais encore assez curieux pour aller découvrir des groupes inconnus sur la foi d'un entrefilet dans la presse musicale. Les journalistes prédisaient à l'époque un véritable raz de marée jazz au Royaume-Uni, en foi de quoi l'on eut une vaguelette sur laquelle surnageaient au mieux des groupes de fusion intelligents comme Working Week ainsi que les compilations de Giles Peterson, au pire la variétoche vaguement jazzy à la Sade (la chanteuse, pas le divin marquis).
Les Jazz Warriors servirent de plateforme de lancement à pas mal de carrières individuelles, dont le saxo Courtney Pine, qui tira le mieux son épingle du jeu. Collectivement, comme ils étaient issus d'ateliers musicaux et avaient quelques centaines d'heures de vol au compteur, ils dégageaient une merveilleuse poésie bordélique à la Sun Ra (il est temps de remiser aux poubelles de l'histoire le mot "foutraque", qu'affectionnaient tant certains journalistes du regretté 7 à Paris et des regrettables Inrocks avant que ne s'y mette Télérama, cette bible pour bobos de province).
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire