
Sur la remarque avisée d'une amie, et à la lumière d'une conversation avec elle à ce sujet, autant préciser le sens des remarques sur les deux godelureaux, ou plus précisément le godelureau et la godelurelle, du train Paris-Bayonne du 2 août.
Je l'ai décrite elle comme noire et jolie, alors que je n'ai pas dit si lui était noir ou pas (il ne l'était pas, en l'occurrence) ni s'il était joli ou pas (pas franchement non plus).
Effectivement, dans les deux cas, il y a racisme et sexisme implicites dans la formulation initiale : pourquoi dire d'elle qu'elle est noire, et pas de lui qu'il est blanc, comme si ça allait de soi, ou dire d'elle qu'elle est jolie, comme si c'était particulièrement pertinent dès qu'on parle d'un être humain de sexe féminin, et pas de lui s'il était agréable ou non à regarder.
A ma décharge, ces deux mots malheureux étaient des raccourcis de langage.
Par jolie, je voulais dire "jolie ET QUI LE SAIT", c'est-à-dire consciente du fait qu'elle était le point de mire des regards et modelant son comportement en fonction de cela.
Quant au fait de la décrire comme noire, c'était là aussi un raccourci de langage qui sous-entendait que son exubérance ou son extraversion, qui s'est manifestée notamment lorsqu'elle a pris sa copine à témoin d'un air indigné sur l'air de "y a de l'abus", n'avait pas la vulgarité qu'elle aurait très vraisemblablement eue chez un(e) blanc(he) français(e). Non pas que je cherche à tout prix à justifier ma remarque initiale qui serait motivée par quelque racisme inconscient, mais il me semble que souvent (et peut-être me gouré-je grave) la communication entre personnes issues de la diaspora africaine (Antillais ou Africains ou leurs enfants, pour aller vite) est davantage marquée par l'intersubjectivité que ne l'est la communication entre métropolitains d'origine (géographiquement contrôlée ?!), tout comme on peut constater des différences analogues à l'échelle de la métropole, par exemple entre le nord et le sud — il s'agit de simples différences culturelles et j'en parle en tant que méridional assumé (à ce propos, la fauxculterie des Parisiens commence à me courir grave. Mais ne nous égarons pas). D'où ce qui peut apparaître chez un(e) Noir(e), vu par un(e) béqué, comme de l'exubérance dans la manière de prendre l'interlocuteur ou des tiers à témoins, sans que ça bascule jamais dans la vulgarité et la beauferie, genre poissonnier et poissonnière dans Astérix. Voilà en gros ce que je voulais dire en évoquant le fait qu'elle était noire. Je n'ai pas précisé qu'elle était avant tout pimbêche de première, ce qui me semblait aller sans dire…
J'étais enfin sensibilisé à la question de la couleur de peau par le fait que, sur les conseils d'une autre amie avisée, je venais ce jour-là de lire Chien blanc de Romain Gary, vivement conseillé si vous ne l'avez déjà lu. A la fin des années 60, monsieur Gary, consul de France à Los Angeles et mari de Jean Seberg, découvre que le chien errant qu'il a recueilli en toute bonne foi a été dressé à attaquer les Noirs. Hésitant à le faire piquer, il le confie à un chenil dont un employé noir se met lui-même au défi de déprogrammer le chien. La suite dans votre bibliothèque ou librairie préférées.
Je l'ai décrite elle comme noire et jolie, alors que je n'ai pas dit si lui était noir ou pas (il ne l'était pas, en l'occurrence) ni s'il était joli ou pas (pas franchement non plus).
Effectivement, dans les deux cas, il y a racisme et sexisme implicites dans la formulation initiale : pourquoi dire d'elle qu'elle est noire, et pas de lui qu'il est blanc, comme si ça allait de soi, ou dire d'elle qu'elle est jolie, comme si c'était particulièrement pertinent dès qu'on parle d'un être humain de sexe féminin, et pas de lui s'il était agréable ou non à regarder.
A ma décharge, ces deux mots malheureux étaient des raccourcis de langage.
Par jolie, je voulais dire "jolie ET QUI LE SAIT", c'est-à-dire consciente du fait qu'elle était le point de mire des regards et modelant son comportement en fonction de cela.
Quant au fait de la décrire comme noire, c'était là aussi un raccourci de langage qui sous-entendait que son exubérance ou son extraversion, qui s'est manifestée notamment lorsqu'elle a pris sa copine à témoin d'un air indigné sur l'air de "y a de l'abus", n'avait pas la vulgarité qu'elle aurait très vraisemblablement eue chez un(e) blanc(he) français(e). Non pas que je cherche à tout prix à justifier ma remarque initiale qui serait motivée par quelque racisme inconscient, mais il me semble que souvent (et peut-être me gouré-je grave) la communication entre personnes issues de la diaspora africaine (Antillais ou Africains ou leurs enfants, pour aller vite) est davantage marquée par l'intersubjectivité que ne l'est la communication entre métropolitains d'origine (géographiquement contrôlée ?!), tout comme on peut constater des différences analogues à l'échelle de la métropole, par exemple entre le nord et le sud — il s'agit de simples différences culturelles et j'en parle en tant que méridional assumé (à ce propos, la fauxculterie des Parisiens commence à me courir grave. Mais ne nous égarons pas). D'où ce qui peut apparaître chez un(e) Noir(e), vu par un(e) béqué, comme de l'exubérance dans la manière de prendre l'interlocuteur ou des tiers à témoins, sans que ça bascule jamais dans la vulgarité et la beauferie, genre poissonnier et poissonnière dans Astérix. Voilà en gros ce que je voulais dire en évoquant le fait qu'elle était noire. Je n'ai pas précisé qu'elle était avant tout pimbêche de première, ce qui me semblait aller sans dire…
J'étais enfin sensibilisé à la question de la couleur de peau par le fait que, sur les conseils d'une autre amie avisée, je venais ce jour-là de lire Chien blanc de Romain Gary, vivement conseillé si vous ne l'avez déjà lu. A la fin des années 60, monsieur Gary, consul de France à Los Angeles et mari de Jean Seberg, découvre que le chien errant qu'il a recueilli en toute bonne foi a été dressé à attaquer les Noirs. Hésitant à le faire piquer, il le confie à un chenil dont un employé noir se met lui-même au défi de déprogrammer le chien. La suite dans votre bibliothèque ou librairie préférées.
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