Joies des déménagements et du rapatriement conjugués, j'ai été amené à rouvrir un compte chez Orange. La législation sur les entraves à la concurrence (la lutte antimonopoles, pour appeler un chat un chat) ayant été assouplie, je découvre à cette occasion, ayant loupé l'info quand elle est sortie dans le journal, qu'Orange peut désormais proposer à ses clients (on ne dit plus "usagers", ça fait ringard, et d'ailleurs Orange-ex-France-Télécom, c'est désormais une entreprise comme une autre, autant dire qu'il serait temps que les dinosaures comme moi, assez vieux pour se rappeler feu la PTT, aillent rejoindre leurs cousins les tricératops sous un gisement de pétrole à Jurassic Park) un abonnement groupé. Votre dévoué serviteur aura donc désormais le plaisir et l'honneur d'avoir le fixe, le portable, internet ET la télé chez le même opérateur pour un montant mensuel forfaitaire. Non pas que je porte un amour immodéré au groupe dont le nom commence par la lettre O, même si jadis ils contribuèrent à faire bouillir ma petite marmite, mais la promo était indéniablement alléchante (à moins que ces 18 mois passés outre-Quiévrain, où téléphonie et internet sont plus chers qu'en doulce France, n'aient terni mon jugement, autant dire que je me sois fait royalement entuber). De plus en matière d'internet, même s'ils sont souvent plus chers que la concurrence (j'avoue, j'ai eu la flemme de comparer), Agrume est en général le plus fiable, fort sans doute de sa spécificité d'opérateur historique — le seul pépin internétien que j'aie eu chez eux, avant que je n'aie l'ADSL si je me souviens bien, à moins que ça ne soit peu après y être passé, m'avait valu un geste commercial de leur part, mais il faut dire que j'avais passé près d'une heure pendu au portable (donc consacré la somme royale de 9€ = 60 x 0,15€, j'espère ne pas m'être planté dans ma multiplication de tête, il en faut moins pour vous décrédibiliser un blogueur qui n'a pour lui que sa hargne et sa mauvaise foi assumées. Que dis-je, revendiquées).
Une petite remarque convenue, mais à laquelle j'adhère bec et ongles : en matière de services d'utilité publique tels que téléphonie et internet (je n'y inclus pas la télé : la machine à décerveler, c'est une autre histoire, encore qu'on puisse avancer que lorsque monsieur Duschmol lorgne sa lucarne, c'est toujours autant de temps de gagné où il ne cogne pas sur sa Duchmolle, d'où un certain progrès pour l'humanité), je vois mal, n'en déplaise à certains, en quoi le monopole étatique est néfaste (d'autant que Paris n'a jamais été Moscou ou Pyongyang que je sache). Certes, le monopole étatique ne pousse pas à la course à l'innovation pour l'innovation ou à l'invention de gadgets inutiles (j'ai passé près d'une heure aujourd'hui à errer dans une galerie marchande, je parle en connaissance de cause), voire il peut entraver l'efficacité générale des services ou freiner leur développement (question à ce propos : pourquoi la France a-t-elle accusé un tel retard à l'allumage pour la téléphonie et l'internet ? je me souviens encore de l'époque, pas si lointaine, où mes parents n'avaient pas le téléphone à la maison. Cela tenait-il donc au monopole détenu par La Poste, alors qu'à la même époque la plupart de nos voisins européens maintenaient également j'imagine, à vérifier quand même, un monopole étatique sur leurs propres services de communication, ce qui ne les a pas empêchés de développer leur réseaux téléphonique et internet avant nous, il faut donc chercher la raison ailleurs), mais je ne vois pas ce que cela a de scandaleux que les pouvoirs publics démocratiquement élus chargent une entité publique d'assurer des prestations d'intérêt général à un prix modique qui soit le même pour tous (et en assurant les mêmes prestations pour chacun indépendamment de sa localisation géographique, suivez mon regard tourné vers les écoles et les lignes de train non rentables qui ferment), subventionné par l'ensemble des citoyens, de préférence par le biais de l'impôt sur le revenu voire la fortune, qui est la forme de fiscalité la plus juste. J'arrête, je sens que je suis mûr pour me remettre à lire régulièrement Charlie pour ne pas dire Politis ainsi que l'intégrale des œuvres de Bernard Maris.
Parenthèse perfide : certaine de mes connaissances, qui se pique de politique mais qui ne lira jamais ce billet (donc les amis que j'ai autoritairement abonnés à mon blogue, pas la peine de vous sentir visés, et ceux qui me connaissent subodoreront de qui je veux parler) est infoutu d'étayer le dixième de l'ébauche de raisonnement qui précède car il a une conscience politique proche de la limace, qui se borne à la défense de la condition volaillère et quelques vagues râleries contre le nucléaire. Les écolos de droite, quelle engeance.
Revenons à nos ovins. Chez le groupe dont le nom commence par un O, l'aménagement des boutiques demande SÉRIEUSEMENT à être revu. A vouloir faire travailler les conseillers-vendeurs dans un mélange bâtard d'espace de vente et de bureau paysager, Orange dégrade l'expérience-client, comme on dit en marketing, si bien que ledit client ne sait même plus où il doit faire la queue. C'est exactement le même problème qu'à La Poste, autre rejeton orphelin libéralisé de la PTT. Je suis sûr qu'au passage ils loupent des ventes, gnark gnark. C'est bien beau d'imposer à l'usager d'attendre son tour (dans un espace non vectorisé) pour raconter son pépin de ligne internet le nez collé sur des linéaires chargés des derniers modèles de téléphone-sans-fil-qui-fait-la vaisselle-et-sort-le-chien, mais le pauvre clampin qui poireaute pendant une demi-heure, et qui devient chèvre parce que par exemple il n'arrive pas à avoir accès à ses méls urgents, a envie de tout sauf de s'acheter le dernier gadget inutile qu'on essaie de lui fourguer, inefficacement de surcroît.
Allez, Grand Citron, sois gentil et revois ta copie, mets-nous de vrais guichets dans tes boutiques (ah, le mot "bureau" de "bureau de poste", ça avait quand même une autre gueule…).
Mais que dis-je : arrêtons de faire semblant de réfléchir et allons vite consommer !
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