Après tous les excès de Noël, je me propose de préparer pour le réveillon du nouvel an un dessert diététique et bio (et bon de surcroît, car turc — syllogisme imparable.) C'est au départ un dessert alévi de saison appelé aşure, prononcé achouré, du nom de la fête du mois musulman de Muharram qui commémore le martyre de l'imam Hüseyn, ou Hossein en persan, à Kerbala, le jour où il y a plein de mecs torse poil (surtout poils — on est en Iran, hamdulillah), qui se flagellent dans les rues comme ceci. Mais qu'est-ce qu'on fout à Paris alors qu'on aurait pu être en train d'assister voire de participer à ça il y a 2 jours à peine ?

A défaut de mater de beaux bruns mal rasés se flageller jusqu'au sang (que vois-je sur la gauche ? des Levi's en Iran ? Le Grand Satan est décidément partout) nous nous rattraperons sur des douceurs sucrées juste ce qu'il faut. Au fait, c'est la première fois que j'en fais (mais j'en ai mangé à plusieurs reprises en Turquie) et mes commensaux vont être mes cobayes. Pourquoi est-ce que tout d'un coup vous n'en voulez plus ? Et encore, je ne vous ai pas dit ce qu'il y a dedans :-)

A défaut de mater de beaux bruns mal rasés se flageller jusqu'au sang (que vois-je sur la gauche ? des Levi's en Iran ? Le Grand Satan est décidément partout) nous nous rattraperons sur des douceurs sucrées juste ce qu'il faut. Au fait, c'est la première fois que j'en fais (mais j'en ai mangé à plusieurs reprises en Turquie) et mes commensaux vont être mes cobayes. Pourquoi est-ce que tout d'un coup vous n'en voulez plus ? Et encore, je ne vous ai pas dit ce qu'il y a dedans :-)
Ah. Avant qu'on ne m'accuse de désinformation, je me disais que les mecs sur la photo avaient des têtes (et des corps) de Pakistanais plutôt que d'Iraniens. Effectivement, toute vérification faite, la photo aurait été prise à Karachi. Autant pour moi.
En voici une prise semble-t-il à Kerbala, dixit Life Magazine. Un peu gore, mais le mec est plutôt mimi.

Une brève recherche sur Google fait apparaître que l'auto-flagellation de l'achoura shiite déchaîne les passions chez les Américains à un point assez étonnant. C'est peut-être moi qui suis un vieux con multiculturaliste dépourvu de tout principe mais je trouve avant tout ce rituel curieux, comme toute manifestation collective à laquelle les individus qui y participent attribuent un sens fort, telle par exemple une coupe de foot ou un concert de notre Johnny national, exilé, fiscal et néanmoins post-comateux. Par ailleurs je ne sache pas que le fait de perdre une petite pinte de sanquette ait jamais mis la vie de quiconque en danger. Jusqu'à une date pas si ancienne, nos médecins saignaient bien leurs patients à qui mieux mieux, convaincus que c'était pour leur plus grand bien. Plus gênant certes, les parents iraniens consciencieux qui incisent le cuir chevelu de leur bambin pour prêter à son joli visage joufflu toute la sanguinolence exigée par les bonnes mœurs. Mais un petit bobo au crâne, pour aussi spectaculaires que soient ses conséquences immédiates, est-il plus répréhensible au nom des libertés individuelles que la circoncision que tous les Américains blancs imposent en toute bonne foi à leur rejetons mâles avant que ces derniers ne soient en âge de décider ? Mais je sens que je vais encore me faire mal voir avec mon mauvais esprit…
Si vous êtes sages, je vous raconterai bientôt une scène au troquet en bas de chez moi, deux jeunes filles portant le hijab, sympa et pas connes, se faisant interviewer par un documentariste (peut-être iranien, justement, en tout cas pas arabophone) dont je me suis demandé dans quelle mesure il les instrumentalisait. Et si tel était le cas, dans quelle mesure elles en avaient ou non conscience. Le doute, toujours le doute… J'y repense car j'ai évoqué l'aşure / achoura en bavardant avec elles.
En voici une prise semble-t-il à Kerbala, dixit Life Magazine. Un peu gore, mais le mec est plutôt mimi.

Une brève recherche sur Google fait apparaître que l'auto-flagellation de l'achoura shiite déchaîne les passions chez les Américains à un point assez étonnant. C'est peut-être moi qui suis un vieux con multiculturaliste dépourvu de tout principe mais je trouve avant tout ce rituel curieux, comme toute manifestation collective à laquelle les individus qui y participent attribuent un sens fort, telle par exemple une coupe de foot ou un concert de notre Johnny national, exilé, fiscal et néanmoins post-comateux. Par ailleurs je ne sache pas que le fait de perdre une petite pinte de sanquette ait jamais mis la vie de quiconque en danger. Jusqu'à une date pas si ancienne, nos médecins saignaient bien leurs patients à qui mieux mieux, convaincus que c'était pour leur plus grand bien. Plus gênant certes, les parents iraniens consciencieux qui incisent le cuir chevelu de leur bambin pour prêter à son joli visage joufflu toute la sanguinolence exigée par les bonnes mœurs. Mais un petit bobo au crâne, pour aussi spectaculaires que soient ses conséquences immédiates, est-il plus répréhensible au nom des libertés individuelles que la circoncision que tous les Américains blancs imposent en toute bonne foi à leur rejetons mâles avant que ces derniers ne soient en âge de décider ? Mais je sens que je vais encore me faire mal voir avec mon mauvais esprit…
Si vous êtes sages, je vous raconterai bientôt une scène au troquet en bas de chez moi, deux jeunes filles portant le hijab, sympa et pas connes, se faisant interviewer par un documentariste (peut-être iranien, justement, en tout cas pas arabophone) dont je me suis demandé dans quelle mesure il les instrumentalisait. Et si tel était le cas, dans quelle mesure elles en avaient ou non conscience. Le doute, toujours le doute… J'y repense car j'ai évoqué l'aşure / achoura en bavardant avec elles.
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