lundi 14 février 2011

ENDURCI ?

J'avais zappé la St-Valentin. A tel point qu'ayant passé la journée au boulot à croiser des hommes qui avaient une rose rouge à la main, j'ai passé la journée à me demander pourquoi ils affichaient un soutien aussi ostensible au Parti Socialiste.

A propos de roses rouges et pour rester dans la calavera et le squelette, une des plus belles versions du célèbre détournement conçu pour le Grateful Dead, par les légendaires graphistes hippies san franciscains Alton Kelley et Stanley Mouse, d'une image de l'artiste victorien E.J. Sullivan, qui illustrait initialement une édition des Rubâyyat d'Omar Khayyâm :


A propos du Grateful Dead, je réécoutais récemment des enregistrements de concert des années 1967-68, choses que j'aurais adorées quand j'avais 17-18 ans, et ça a très bien vieilli. Ce qui est étonnant rétrospectivement chez beaucoup de groupes de l'époque, c'est à quel point leurs disques de studio ressemblent à ce qu'ils étaient capables de jouer en concert — tout simplement parce que l'on commençait tout juste à entrevoir les possibilités autonomes du studio, si bien que beaucoup de musiciens se contentaient de rejouer en studio ce qu'ils jouaient couramment sur scène. Autrement dit, les enregistrements de studio de la fin des années 60 donnent souvent une assez bonne idée de ce dont les musiciens étaient "réellement" capables — du moins, de ce qu'ils faisaient en temps réel et devant auditeurs — y compris les formes sonores souvent assez complexes que jouaient les grands groupes psyché de Londres et San Francisco (le Dead, l'Airplane, le Floyd et Soft Machine). Soft Machine, qui étaient les instrumentistes les plus talentueux du lot, sont paradoxalement ceux qui s'en sortent souvent le plus mal sur scène — mais peut-être justement parce qu'ils avaient poussé le plus loin la réflexion conceptuelle, et donc l'utilisation à bon escient du studio comme outil à part entière d'organisation du matériau sonore, si bien que les prises de concert souffrent de la comparaison. Autre immense groupe de scène à l'époque, encore meilleur que sur disque : les MC5, dont les vidéo sur YouTube des années 1968-70 n'ont pas pris une ride.

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