M comme Mariage, Sergio Aquindo
Epuisé, peut-être les défenses sont-elles à l'étiage voire au chômage ? Je m'autorise à prendre le temps de vivre et surtout de me laisser toucher par le monde extérieur. Du coup j'ai fait la connaissance aujourd'hui de plusieurs personnes.
Grignotant dans un café, un couple entre deux âges m'entreprend, sympa mais pas envahissants, elle française, lui belge ayant vécu longtemps en Afrique et ne rêvant que d'y repartir à la retraite, par ailleurs grand amateur de jazz ayant connu personnellement Dizzy Gillespie et surtout Coltrane — il devait lui faire un décor de scène à l'Olympia dans les années 60 mais il est mort avant. J'en avais les larmes aux yeux. Nous avons échangé les coordonnées et nous sommes promis d'aller écouter du jazz ou chiner ensemble aux puces du Jeu de Balle.
Un ami m'avait envoyé une boutade via internet, j'y ai répondu par par un petit mot co-adressé à l'expéditeur original, avec qui s'est noué un dialogue. Le fait qu'il soit argentin, que ce soit un confrère (entendez cela dans le sens qu'il vous plaira, je vous laisse la responsabilité de vos interprétations) et qu'il vive à Bruxelles a permis d'ébaucher une complicité. Nous sommes même découvert une deuxième connaissance commune, à Buenos Aires. Comme Istanbul, cette ville est décidément un accélérateur de rencontres.
Pour étayer cette hypothèse : par le hasard d'une recherche sur Google, je suis tombé sur le travail de Sergio Aquindo, un graphiste / illustrateur argentin vivant à Paris (je regarde beaucoup de graphisme depuis quelques temps, la fascination qui était en sourdine de longue date a fini par s'exprimer). Il est jeune (enfin, tout est relatif : il a moins de 40 ans), a déjà un peu publié, et surtout il a en préparation Harry and the Helpless Children, un album à tomber à la renverse, inspiré d'un fait divers américain des années 30 — on va très certainement beaucoup entendre parler de lui dans les années à venir si la providence lui prête vie. Il a tout vu, tout digéré, de Rembrandt à Saul Steinberg en passant par Murnau, Fritz Lang, Beckmann, Seguí et surtout Breccia, et en plus il a élaboré un regard et un style propres. Il a très gentiment et modestement répondu à mes félicitations. Vivement que ledit bouquin sorte. S'il en est déjà là à son âge, ce gars va aller très loin.


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